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Ahmed Akkache : un militant d'exception (10 novembre 1926 - 8 octobre 2010 )احمد عكاش: مناضل استثنائي

Ahmed Akkache : un militant d'exception (10 novembre 1926 - 8 octobre 2010 )احمد عكاش: مناضل استثنائي

Ce blog se veut un hommage reconnaissant pour un révolutionnaire algérien exceptionnel que fut si Ahmed. Bonne lecture.

Repères Biographiques

La biographie de Ahmed. Akkache témoigne d’une époque de bouleversements extraordinaires et exceptionnels : lutte anticoloniale ; luttes sociales, guerre d’indépendance ; période d’édification nationale :

10 novembre 1926 : naissance d’Ahmed Akkache à la casbah d’Alger, petit fils de paysans kabyles ( M’chedellah ) qui furent expropriés pour avoir participé à la grande révolte de 1871 déclenchée au moment de la Commune de Paris. Il eut une enfance pauvre, tour à tour berger à l'âge de 7 ans, puis porteur, puis copiste.

1941 : Il est entré en politique, presque naturellement, parce qu’il considérait dans les années 1940 qu’il était de son devoir de le faire, parce que l’Algérie avait besoin de tous ses enfants collégien de 15 ans, il découvre le marxisme :

« J’ai eu la chance, au collège, vers l’âge de 15 ans de trouver des livres qui parlaient de révolution et de socialisme. »

1943 : il rejoint le lycée du Champ de Manœuvres (actuel El Idrissi). C’est là, qu’il fut séduit par le communisme. «Je me rappelle d’un opuscule, l’a b c du marxisme, qui m’avait influencé.»

Après le bombardement par les alliés du lycée, Ahmed dut poursuivre ses études à Bab El Oued.

1944 : création de la première cellule de la jeunesse communiste dans son quartier à la casbah, y ont adhéré Henri Maillot et Fernand Iveton.

A la même année il est nommé instituteur à Bouira. Suite aux événements du 8 Mai 1945, il démissionne de son poste et s'engage en politique.

D’abord historien à l’université d’Alger, puis diplômé en sciences économiques à Paris, il s’engage dans le journalisme militant et réalise des reportages et des études, avant de commencer à collaborer à la revue culturelle Progrès.

1946 : Secrétaire général des Jeunesses démocratiques

De 1947 à 1952 : après un bref passage au PPA, il adhéra au PCA et occupa diverses responsabilités au Comité central (1947) et au BP. Secrétariat du PCA (1952)

1950 : il fut rédacteur en chef de Liberté, organe central du PCA

1955 : dans un meeting tenu au marché à bestiaux de Maison-Carrée (El Harrach), il appela les jeunes venus nombreux l’écouter à rejoindre les rangs de l’ALN naissante. En première ligne du secrétariat en 1955 de son parti et son journal Liberté interdit, il entre dans la clandestinité

1957 : il fut arrêté et emprisonné à la villa Sésini où il subit des tortures atroces, rapportées par Henri Alleg dans son livre « La Question », il est condamné à mort le 3 août de la même année.

Lundi 13 juin 1960 : s'ouvre devant le tribunal des forces armées d'Alger le procès d'Ahmed Akkache, secrétaire du Parti Communiste Algérien, ainsi que d'autres dirigeants ou sympathisants de ce parti. Henri Alleg, directeur du quotidien « Alger Républicain », sera également jugé. Les accusés seront défendus par Henri Douzon, Léo Matarrasso et Roger Dosse.Il est condamné à 20 ans de prison au décours d’un procès retentissant.

Janvier 1962 : évasion de la prison d’Angers (France) avec l’aide de communistes français et retourne clandestinement en Algérie :

A l'indépendance, il quitte la politique pour se consacrer à des activités sociales de développement (législation du travail, protection sociale, etc.)

Proche du monde du travail, il a été l’animateur d’une revue spécialisée qui était un outil de référence, pour les chercheurs, les syndicalistes et les étudiants de la faculté des lettres et des sciences humaines d’Alger, la Revue du travail. Il enseigne l’histoire à Alger, il se forge une réputation d’un pédagogue hors pair.

19 juin 1965 : Il fut emprisonné pour avoir rallié l’Organisation de la résistance populaire (ORP), en opposition au coup d’Etat de Boumediène.

1968 : publication de son essai sur Tacfarinas.

1971: publication de Capitaux étrangers et libération économique : l’expérience algérienne

1972: publication de son essai « La Résistance algérienne de 1845 à 1945 »

1973: il publie deux livres, un roman « L’évasion » préfacé par de Kateb Yacine qui écrit

« L’histoire vécue se confond avec l’histoire tout court ». Et un essai historique « Les Guerres paysannes de Numidie »

Le 1er janvier 1985 : entre en vigueur la nouvelle grille nationale des salaires, dont il est un de ses principaux concepteurs.

Alger 1989 : intervention magistrale à la rencontre internationale sur les politiques nationales de l’emploi.

1992 : retraite après avoir dirigé pendant 5 ans l’Institut national du travail (Draria) dont il transforma les structures pour en faire un instrument de formation pour syndicalistes, gestionnaires, inspecteurs du travail. Il s’était érigé en véritable bâtisseur des institutions de l’Etat social algérien.

2006 : publication de « La révolte des Saints ». Préface de Mohamed Bouhamidi.

2008: publication d’Art et engagement.

2009 : publication de « L’Algérie face à la mondialisation » (Essai). Préface de Mohamed Bouhamidi.

8 octobre 2010 : décès d’Ahmed Akkache à l’âge de 84 ans.

On retiendra de lui l’imminent penseur soucieux d’éclairer les luttes; il écrit jusqu'à ses dernières années malgré le handicap de la maladie.

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