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Ahmed Akkache : un militant d'exception (10 novembre 1926 - 8 octobre 2010 )احمد عكاش: مناضل استثنائي

Ahmed Akkache : un militant d'exception (10 novembre 1926 - 8 octobre 2010 )احمد عكاش: مناضل استثنائي

Ce blog se veut un hommage reconnaissant pour un révolutionnaire algérien exceptionnel que fut si Ahmed. Bonne lecture.

Akkache, un homme de conviction et d'engagement Droit, humble et austère Mohamed Bouhamidi Publié dans La Tribune le 09 - 10 - 2010

Akkache, un homme de conviction et d'engagement Droit, humble et austère Mohamed Bouhamidi Publié dans La Tribune le 09 - 10 - 2010

Il ne lui restait plus beaucoup de forces. Même s'il restait droit dans son maintien. Avec cette impression d'avoir encore une réserve d'énergie. En s'attardant sur son visage, on comprenait qu'elle ne venait pas seulement de ressources physiques diminuées mais encore quelque peu disponibles. En s'attardant sur son visage….un visage qui s'illumine à la rencontre d'un ami ou d'une idée, un front haut qu'on imagine dédié aux méditations, un concentré de regard, une montante union entre solidité et finesse. Une tête d'ascète et une tête de lutteur.

A une autre époque, je ne l'aurais imaginé dans un ribat ; homme de combat et homme de pensée. Homme de combat parce que homme de pensée. Parce que homme conséquent. A ses pensées, il a conformé sa vie, sa lutte, ses actes et ses paroles. Cela s'appelle avoir une éthique. Quelque chose comme un rapport intime avec la morale mais avoir avec la morale une relation réfléchie. C'est penser la morale comme un absolu. La penser dans un absolu. Je crois qu'il est devenu communiste sur la base de cette foi d'un absolu.

C'est l'absolu de la misère algérienne qui le poussera à l'exigence d'un absolu de justice pour les Algériens. Et de là à un absolu de justice pour tous les hommes. Radicalement. Arracher à la racine les causes de la condition coloniale. Détruire le colonialisme et avec lui sa source le capitalisme. Libérer le colonisé algérien et dans le même coup libérer tous les colonisés du Vietnam au Congo. Et ne pas s'arrêter en chemin. Rendre impossible le retour de la domination des hommes.

On pourra dire qu'alors cet engagement n'est pas que politique. Mais Ahmed Akkache est l'exemple même du militant qui a compris que pour libératrice la politique doit être éthique. La politique ne peut être celle de la libération sans être celle de la justice et de la vérité et en toute circonstance ne pas être celle de ses intérêts immédiats et personnels. Il n'aurait pas été cet homme exemplaire. Ni le souvenir incarné de nos ancêtres et de leurs combats. Il a été un homme exemplaire face à ses tortionnaires en 1957, exemplaire face à ses juges. Il l'a été dans la construction d'un front pour l'indépendance de l'Algérie avec les autres segments du mouvement national. Il l'a été dans ses choix les plus difficiles et les plus intimes même à propos de son parti, le Parti communiste.

Quand il a senti une faille ouverte entre ses camarades et lui quant à la compréhension de l'histoire et la politique du parti, il les quittera. Il leur rendra quelques éminents services sans jamais mettre sur la place publique leurs différends. A contrario, vers la fin de sa vie, il a senti avec une force décuplée le besoin puis le devoir de transmettre tout de son expérience. Il livrera à quelques amis des pans passionnants sur l'histoire des idées et des courants de ce parti.

Passionnants pour comprendre et pour stimuler l'intelligence, pas pour dresser des réquisitoires ou allumer des bûchers. Pourquoi allumer des bûchers alors que vieillard, il se préoccupait des incendies qui embrasaient le monde. De l'Irak à l'Afghanistan et que son cœur battait avec le réveil des indios d'Amérique.

Mais c'était quoi, cette lutte des indigènes pour la terre dans les républiques blanches d'Amérique latine ? Cela le passionnait. Le monde le passionnait. C'était pour comprendre les forces qui agitent le présent qu'il revenait sur le passé. Pas pour régler des comptes. C'est pour cela qu'à quatre-vingt ans, il reprend des notes et publie un livre : L'Algérie face à la mondialisation. A quatre-vingt ans passés. Sous les traits, la peau et le teint devenus diaphanes comme les portes des anges, passait encore la passion du monde et de la justice. La passion de la terre Algérie.

Jusqu'au dernier souffle la passion de cette Algérie qui a rêvé d'une indépendance sans plus jamais de mendiants ni cireurs. Il ne lui restait plus beaucoup de forces pour ce rêve.

Même s'il restait….

Mohamed bouhamidi

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